LA LEGENDE DE L'ETANG ZOMBI

Publié le par Nysida

 

 

 

L’Etang Zombi est situé sur le territoire de la commune de  Capesterre en Guadeloupe, sur la route des majestueuses Chutes du Carbet, à 440 mètres d’altitude, au pied du morne Ségur.

Il est alimenté par la ravine dite « de la grande chasse ». A quelques mètres de lui, on peut voir des ruines que l’on dit être celles de l’ancien château du Comte de Ségur.

Il est presque circulaire et son diamètre atteint 120 mètres environ.

 Son nom est rattaché à  une légende, vieille comme la nuit des temps, « an tan diab té ti gaçon ».

 

C’est une histoire qui se perd dans les brumes lointaines du passé esclavagiste de notre île, au temps de la traite négrière. Les esclaves importés d’Afrique fournissaient à cette époque, la main d’œuvre indispensable au développement de la Guadeloupe.

Vivait en ce temps là, à Capesterre, un maître qui possédait d’immenses plantations qui recouvraient la région de Bananier, L’Habituée, Sainte –Marie, Saint-Sauveur, Routhiers, Fonds-Cacao. Il possédait le plus beau domaine de la colonie. Ce domaine était si vaste qu’il aurait fallu plusieurs jours à cheval pour le parcourir.

C’était un maître actif, travailleur mais d’une cruauté implacable. Il avait le sens inné de l’organisation et du commandement. Il était très riche mais son cœur était dur comme la pierre.

Il n’avait jamais une pensée bienveillante pour ses semblables, à plus forte raison pour ses esclaves qui avaient pour lui moins de valeur que ses chevaux. Il était connu pour sa cruauté envers ces pauvres gens. Il savait leur infliger les châtiments les plus cruels et les plus insolites.

Sa femme, douce et craintive, était le témoin impuissant de telles abominations. En dépit de son désir, elle ne pouvait  adoucir le sort des esclaves de la plantation.

Elle se détacha peu à peu  de son mari et la haine remplaça l’amour.

Dès ce moment, elle ne chercha plus qu’à fuir sa présence et trouver des moyens pour libérer les esclaves. Elle ne pouvait plus supporter la vue de ces visages empreints de souffrance et de résignation.

Avec la complicité du commandeur principal de l’habitation, elle élabora un plan pour organiser la fuite  des esclaves.

Son mari aimait exagérément les plaisirs de la table. Un jour où le rhum avait coulé à flots, elle put mettre son plan à exécution.

Tout se passa comme prévu. A la tombée du jour, un groupe d’esclaves quitta l’habitation, traversa la mare à la nage et regagna l’autre rive où il se dispersa dans la montagne.

 

 

Au petit matin, lorsque la récolte commença, le maître vit l’absence des esclaves. Il entra dans une rage folle. Il lança la recherche avec ses chiens et les autres commandeurs. Ceux qui se firent prendre furent punis sévèrement et parfois mis à mort.

Le maître conduisit sa femme, dont il avait appris le rôle dans cette affaire (celle -ci avait été trahie par le commandeur), auprès de l’étang. Il la fit attacher avec son complice par une lourde chaîne et les fit jeter au centre de la mare, là où les eaux sont très profondes.

L’homme passa le reste de sa vie rongé par le remord, car il aimait son épouse.

On dit qu’après sa mort, son fantôme erre sur les berges de l’étang . Chaque année, à la date anniversaire de cette tragédie, on peut revoir la mise à mort des malheureux. Sur les eaux de l’étang apparaissent en lettres d’or, le mot « LIBERTE ».

 

 

 

Lexique 

Commandeur: esclave  ou libre recevant les ordres du maître. Il était chargé de surveiller le travail des esclaves, de les fouetter. Ils étaient peu aimés de ceux-ci.

Zombi: Revenant, mort –vivant,  fantôme.

An tan diab té ti gaçon: quand le diable n’était encore qu’un enfant, un petit garçon.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Publié dans MYSTERE

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bwasha 08/07/2011 05:39



l'imagination!!!!!ok!!mais au fil du temps j'ai appris que l'imagination pouvait etre réel. je sais pas.



nysida 08/07/2011 02:10



C'est un jolie légende. Comme toutes les légendes, elle tire son origine d'une réalité mais de nombreux évènements sont tout droit sortis de l'imagination.


Mon pays est une terre de légende et l'on se plaît à garder la tradition orale pour les transmettre.


Espérant te relire bientôt



bwasha 08/07/2011 01:31



j'aurais bien voulu voir cela



Lorna 30/06/2009 05:14

C super bien écrit puis le lexique et les illustrations rendent ces récits encore plus attrayants!c un vrai plaisir de te lire....

Paul 18/06/2009 12:46

Bonjour Nysida, Merci de participer à la petite communauté que je tente de faire vivre : "mémoire et écritures". C'est un beau et terrible texte que tu écris ici. J'aimerais te raconter ce que ma femme et moi avons vécu pendant quelques années passées dans l'île de La Réunion. Les "zoreils" que nous étions avions tant d'amour pour cette île belle à en mourir. C'est à mes proches et à celle île que j'ai dédié mon dernier recueil de poèmes publié...Pardon du tutoiement qui semble être une obligation sur la Toile.Paul

Nysida 20/06/2009 00:01


Ai eu quelques petits problèmes à trouver comment te répondre .Suis encore novice dans la manipulation de mon ordi
.J'espère que tu voudras bien me pardonner.
Merci pour tes commentaires ,ils me vont droit au coeur et m'encouragent à continuer dans ma passion:l'écriture .
Pourquoi avoir quitté la Réunoin? Mon île a de nombreux points communs avec elle et j'y ai des amis qui y ont longtemps vécu .
Tes poèmes sont magnifiques .J'ai oublié de te dire que j'adore la poésie .Elle est pour moi ,l'âme de l'auteur .
Amitiés