VOIX D'OUTRE TOMBE

Publié le par Nysida

 

 

 1983, année tragique, année de chagrin.

Mon unique frère Richard est décédé en janvier de cette année là, brusquement à l’âge de trente-cinq ans, laissant un vide immense.

Ce soir de septembre 1983, je m’apprête à veiller un autre être chéri: mon père.

Lorsque vont se dérouler les évènements que je vais vous narrer, je me trouve dans le salon de notre maison, en compagnie de ma jeune sœur Gladys, de son époux Gérard et de ma Mabo, Elvina.

La mort, chez nous, est accompagnée de nombreuses coutumes.La veillée, qui peut parfois durer deux jours, afin de permettre aux enfants du défunt de revenir au pays, est incontournable. C’est l’occasion de revoir toute sa famille, cousins, arrières- petits- cousins, grandes tantes et bien sur, les amis.

Croyez –moi, cela n’a rien de triste, chansons, danses au son du « ka », jeux (devinettes, domino, belotte) et conteurs mettent l’ambiance. « Le maître du mort », le parent le plus proche, offre rhum, petits fours et repas.  Bien entendu la prière tient une place importante et n’est jamais oubliée. Elle est dirigée par une spécialiste : la meneuse de prière qui lance les litanies et les chants choisis par elle.

Le défunt ne doit pas rester seul, un « gadé zafè » pourrait glisser, papier ou objet dans le cercueil, dans le but de jeter un sort à quelqu’un.

Quand viennent les premières lueurs de l’aube, les invités s’en retournent chez eux se reposer avant une deuxième nuit de veillée ou pour se préparer à assister à l’enterrement.

C’est à cet instant, à l’heure où les invités étaient tous partis, que se déroule mon histoire.

Il était environ trois heures du matin.

Gérard, mon beau -frère s’était assoupi.Elvina, Gladys et moi discutions. Le reste de la famille était allé se reposer.

Soudain , un bruit étrange nous poussa à faire silence.

Nous nous regardâmes surprises et tentâmes d’identifier sa provenance .C’est sûr, cela ne provenait pas du salon .Nous tendîmes l’oreille .C’est alors que terrifiées, nous réalisâmes que ces sons étranges ressemblaient  à des voix humaines .Nous n’arrivions pas à discerner ce qu’elles disaient.

C’était comme ci une voix menait une litanie et que d’autres répondaient. Elles semblaient provenir de la pièce d’à côté, celle où mon père avait rendu son âme à Dieu.

Affolées, nous réveillons Gérard et lui demandons d’écouter .Encore hagard, il nous répond qu’il n’entend rien.Les bruits continuent pourtant!

Il essaie de nous calmer, mais nous le sollicitons tant qu’il finit par accepter d’aller voir ce qui se passe. Lorsque qu’il  arrive à proximité de la chambre, les voix s’arrêtent. Nous lui demandons ce qu’il voit. Il nous répond que la bougie, restée là comme c’est la coutume, s’est éteinte.

Rallume-la, dit Gladys.

Gérard, revenu dans le salon, a l’air pensif. Cette fois, c’est sûr, il a lui aussi entendu.

Rassurées, nous reprenons notre conversation, commentant ce qui venait de nous arriver.

Horreur, cela recommence! Le ronronnement inexpliqué se fait de nouveau entendre.

Résigné, Gérard comme la première fois se dirige vers la chambre. La bougie s’est  encore éteinte. Il la rallume. Un silence apaisant nous entoure enfin.

Gladys et moi, envahies d’un sentiment étrange, nous mettons à réciter la litanie des défunts. Le reste de la nuit se déroula sans autre incident.

Des mois plus tard, mentionnant ces faits devant une de mes collègues, elle  donna une bien mystérieuse signification à ces évènements.

Pour elle, il n’y avait aucun doute, ces voix que nous avions entendues étaient celles de nos  défunts priant pour l’âme de mon père alors que nous ne le faisions pas. C’était en quelque sorte un rappel à l’ordre.

Bien des années ont passé. Ma sœur et moi, nous interrogeons encore sur l’origine de ces voix.

A qui appartenaient- elles? D’où venaient-elles? Avions- nous été victimes d’une hallucination collective?

Et vous, qu’en pensez-vous?

 

Lexique

 

Mabo: bonne d’enfants, nurse

Ka:  tam-tam, tambour traditionnel

Gadè zafè: celui qui regarde les affaires, sorcier

Maître du mort: parent proche

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Il

 

 

 

 

 

 

 

Publié dans MYSTERE

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bwasha 08/07/2011 05:27



oula!!!!!!!!!!!!si c pour parler de mes experiences, mm un blog ne me suffira pas.et puis je recherche juste des solutions a se genre de chose.



nysida 08/07/2011 02:04



En parler pour moi n'a jamais été un problème d'autant que je n'étais jamais seule. Il y avait toujours un ou des témoins.


Quand et où nous raconterz- vous votre expérience? Je serais très heureuse de la découvrir. Avez- vous un blog?


A bientôt



bwasha 08/07/2011 00:29



et c grace à des recherches que j'ai trouvé se blog!!!! c 'est bien!!! non vous etes pas seule ne vous inquiétez pas. mais le problèmes c'est qu'on a peur d'en parler.



bwalyne 08/07/2011 00:22



a ok!!!!alors je suis une jeune fille, qui justement est à la recherche des gens qui ont eu ses genre d 'expérience.des gens bien de preférence. et qui pourront aussi me donner  des
solutions.



Nysida 06/07/2011 02:26



Je ne suis pas étonnée que vous ayez vécu la même expérience. Je suis certaine que nous ne sommes pas les seuls. De plus, je ne m'y attendais pas du tout.


De culture antillaise, j'ai longtemps pensé que celle-ci pouvait m'avoir influencée. C'était une erreur, de nombreux témoignages prouvent le contraire.


A très bientôt de vous relire