C'EST CARNAVAL! 2

Publié le par Nysida





Tout comme dans de nombreux pays d'Europe, le carnaval existe chez nous et aussi dans les îles avoisinantes. Chacune a le sien qui renferme ses particularités: Parfois, il ne se déroule pas à la même date, musique, chants, thèmes, costumes et masques sont différents.  Toutefois, pour toutes ces îles le carnaval est une des fêtes la plus importante du calendrier.
Le carnaval fut introduit aux Antilles par les premiers colons catholiques. Ils voyaient là, une occasion de s'amuser avant d'affronter le carême: Période de jeûne et de sacrifice.
Ils organisaient de somptueuses fêtes où les participants étaient masqués et vêtus d'habits luxueux.
Plus tard, les esclaves se réunirent à leur tour et essayèrent d'imiter leurs maîtres. Ils apportèrent leur musique, leur danse et leur langage. C'est de ce mélange que naquit notre carnaval actuel.
Celui-ci demeure comme autrefois un moyen de se défouler, d'oublier la dureté de la vie et de se préparer au carême. C'est l'affaire de toutes les générations.
 En Guadeloupe, il commence dès le premier dimanche de janvier et se prépare un an à l'avance.
Il faut bien l'admettre, la confection des différents costumes (un pour chaque sortie), la composition des chansons, le choix des musiques, des thèmes et des chorégraphies ne sont pas de minces affaires! Tout se fait dans le secret, il  s'agit de ne pas se faire piquer ses idées! Il faut être parfait pour les concours ! Il y a celui de la reine du carnaval des lycées, de la reine et du roi de chaque commune et enfin de la reine départementale. Les enfants ne sont pas oubliés: il faudra aussi élire le prince et la princesse du carnaval. Enfin le concours le plus important, celui du meilleur groupe qui sera jugé sur sa chorégraphie, sa musique, ses costumes et ses chants devant un jury de connaisseurs aura lieu. Les manifestations sont supervisées par le Comité du Carnaval de la Guadeloupe.

LES GROUPES A PIEDS

Le premier dimanche de l'année, les défilés dans les communes ouvrent les festivités. Chacune a un ou plusieurs groupes, sponsorisés par la commune, les commerçants, les médias ou les entreprises.
Pour ne citer que ceux la:

Mass Moule Massif: Très jeune groupe du Moule. Leur spécialité réside dans l'utilisation des fouets, d'une musique qui leur est propre et du jeune âge de ses membres.

Matamba:  de Saint-François, le groupe qui frappe par l' extrême richesse de ses costumes et la beauté des participantes. Un groupe presque exclusivement féminin.

Voukoum : de la ville de Basse-Terre, un groupe très remarqué et apprécié lors des défilés. Ses costumes se réduisent souvent à de l'argile, du charbon, du roucou, des feuilles de cocotier ou de bananier, des coquillages. La plastique des membres est ainsi dévoilée. Leur musique damnerait plus d'un saint!

Akio: de Pointe-à-Pitre, les concurrents directs de Voukoum. Le groupe le plus important, le plus célèbre du carnaval guadeloupéen. Lui, il ne défile pas, il déboule! Imaginez, plus d'une centaine de personnes ( enfants et adultes) arrivant en courant sur un rythme endiablé! Il faut le voir et l'entendre pour y croire! Ils sont précédés de masques à fouet chargés d'écarter la foule. Croyez- moi, mettez- vous à bonne distance. Leur musique est unique! Ce groupe ne participe à aucun concours, il les gagnait trop souvent.

Il y a tous les autres mais la liste serait trop longue: Waca, Volcan la, Guimbo... La présence des groupes d' Haïti, de Normandie, de Corse, de Bretagne, de Saint-Domingue et du Brésil est à signaler. 
C'est à qui aura les plus beaux costumes et la musique la plus entraînante! Ce groupe deviendra ainsi le chouchou du public, chacune de ses sorties recueillera des applaudissements nourris et sa musique deviendra un "tube".
Notre carnaval ne se réduit pas seulement aux groupes. Ceux-ci ont fait leur apparition il y a seulement quelques années. A côté de toute cette organisation, le carnaval d'autrefois continue d'exister.
C'est celui des masques traditionnels et du burlesque qui laissent libre cour à l'imagination de chacun.

LES MASQUES TRADITIONNELS

Le mass a congo, mas gro siwo ou mas à goudron: Il est présent aussi bien à la Guadeloupe, à la Martinique et à la Guyane. Ses origines sont lointaines. Ils représentent les nègres importés d'Afrique. Ils ont  le corps recouverts de sirop de batterie (sirop épais de la canne à sucre) et de charbon, ce qui leur donne une peau très sombre comme les esclaves du Congo, d'où leur nom. Ils ne sont vêtus que d'un pagne fait avec les feuilles du bananier ou du cocotier. Leur passe-temps favori, faire mine de vous approcher. Evidemment, vous fuyez de peur d'être à votre tour maculé de noir.

Le mass a roucou qui représente les amérindiens, premiers habitants de nos îles. Vêtu d'un pagne fait de feuilles, il a la peau recouverte d'huile de roucou.

 Le mass a ruban: Importé par les travailleurs indiens venus en remplacement des esclaves, après l'abolition de l'esclavage de 1848. Il est vêtu de longs rubans multicolores cousus sur ses vêtements. Autrefois, il dansait autour d'un mât de cocagne orné de rubans. La chorégraphie avait pour résultat de faire et défaire des tresses. Celle dernière a presque disparu de nos jours.

Le mass a la mo: Vêtu d'une combinaison noire sur laquelle est peint un squelette, le visage caché derrière un masque représentant un crâne il fait claquer son fouet. C'est la terreur des enfants.

Le mass a miwa ( masque à miroirs), spécialité de la commune de Vieux-Fort. Il a enfilé une combinaison en madras (tissu quadrillé et multicolore) sur laquelle sont cousus une multitude de petits miroirs qui reflètent le soleil, leur visage est masqué. Ils sont très appréciés. 

Le moko zombi: monté sur des échasses, il se déhanche au son des tambours. Il représente les esprits, les zombis ou le diable.

Le mass a kon ( masque à cornes): Il porte un vêtement végétal fait de feuilles séchées du bananier . Il est ceinturé d'une chaîne ou d'une corde tenue par un comparse. Le mas a kon tente de s'échapper de ses liens.

Le mass a annion (masque à haillons): Il porte des haillons multicolores cousus sur un vieux vêtement.

Le mass a fwet (masque à fouet): Il est de tous les carnaval! Sa signification trouve son origine dans l'histoire esclavagiste. Il démontre qu'aujourd'hui, c'est lui qui possède le fouet à la place du colon. Le visage masqué, vêtu selon son désir, il fait claquer un long fouet avec beaucoup de dextérité.


A côté  des groupes à pieds et des masques traditionnels, on trouve aussi les chars surmontés de beaux décors évoquant des tableaux
de la vie quotidienne d'autrefois ou de nos jours.
En queue du défilé arrivent tous ceux qui l'espace d'un moment, costumés ou non, veulent partager la liesse générale.



LEXIQUE:

Roucou: fruit du roucouyer. Les cosses velues renferment des grains de couleur orangée. Mises à macérer dans l'huile, elles colorient celle-ci. Les indiens caraïbes l'utilisaient pour s'enduire le corps afin de se protéger du soleil et des insectes. Ce qui leur donnait à leur peau une jolie couleur rouge.
De nos jours, le roucou est souvent utilisé en cuisine pour la préparation du court bouillon de poisson et de bien d'autres plats. Rares sont les guadeloupéenne qui ne l'utilisent pas. Il entre aussi dans la composition d'une huile à bronzer.

Voukoum: onomatopée évoquant  le bruit du tambour.

Akio ou Akyo: mot créole signifiant "qui sont-ils?"

Siwo: sirop

Kon: corne


Bien sur, il n'y a pas de carnaval sans musique! 
Je vous en parlerai bientôt et vous donne rendez-vous dans un prochain article.
Vous y découvrirez quelques instruments, les caisses claires, les" boules a guèle", les conques de lambi, le ka mais aussi les temps forts du carnaval.
Vous ferez connaissance avec le sieur Vaval en personne, grand maître des cérémonies.



 
 







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nysida 02/02/2010 23:12


Merci à vous cher ami. Vos compliments me touchent beaucoup.


La Plume 02/02/2010 22:42


Eh bien !!! Voilà un article bien intéressant, j'ai appris beaucoup de choses comme toujours sur votre blog chère Nysida !
Amitié
La Plume


nysida 30/01/2010 01:06


Merci pour ta visite. Rien que pour toi, je ferai un article sur l'artisanat.
Celui-ci tient une très grande place dans notre culture et est très varié.
A bientôt


cyrianne 29/01/2010 23:55


C'est avec beaucoup d'intérêt que je parcours ton blog qui me rappelle et me fait mieux comprendre les antilles; j'en sais peu concernant l'artisanat peut-être auras-tu programmé un article à ce
sujet; ce serait vraiment sympa pour la communauté recyclage et création.
Merci pour nous faire partager toutes les richesses des caraïbes
heureuse soirée
Cyrianne