MON PERE, MON HEROS 3 : MON PERE ET LES FEMMES

Publié le par Nysida

A Richard, son petit fils qui n’a pas eu le bonheur de le connaître.

 

Maintenant, il pouvait penser un peu à lui et il ne s’en priva pas.

Elégant, toujours bien mis, portant chapeau, veste et cravate, sportif pratiquant l’escrime et les barres parallèles, il avait belle allure. Bon danseur et grand joueur de canasta et de billard, il était aussi très cultivé. J’ai toujours connu mon père passionné de lecture, Hugo, Proust, Chateaubriand, voltaire et bien d’autres grands auteurs avaient peu de secret pour lui.  Découvrir et connaître la grande et la petite histoire de France occupaient aussi une grande partie de ses loisirs.

 Il savait utiliser les méandres de la langue française pour plaire à ces dames.

C’était un homme du monde : bals, soirées, théâtre, il  était de toutes les sorties. Les jeunes demoiselles ne pouvaient lui résister.

Mon père était sans conteste ce que l’on appelle un homme à femmes. Il les aimait et voyait en elles, les plus belles créatures de Dieu.

La vie jusqu’ ici ne lui avait guère laissé le temps d’explorer comme il aurait voulu la gente féminine. Il voulait rattraper le temps perdu. Il en connut quelques unes mais beaucoup ne furent que de passage.

Fernande fut son premier amour et il l’épousa.

Hélas, son bonheur fut de courte durée, elle mourut en mettant leur enfant  au monde. Le bébé malheureusement ne survécut pas. La disparition de ces êtres chers le frappa durement. Le destin, une fois encore ne le ménageait pas.

Après une longue période de chagrin et répondant à la supplication de ses amis, il revint enfin au monde.

Comme un colibri, il butinait de nombreuses fleurs. Les trouvant toutes les unes plus belles que les autres.

A cette époque, dans son milieu et dans sa profession, un homme marié inspirait mieux la confiance qu’un célibataire coureur de jupons.

Il avait maintenant dépassé la trentaine. Le temps était venu pour lui de se poser et de fonder un foyer.

Il avait une petite idée de celle qu’il choisirait. Il l’avait aperçue chez l’un de ses clients, Gaston Vergé, en allant y déposer un acte. Il n’avait fait que l’entrevoir mais cela lui avait suffi. Elle était magnifique !

Le teint clair, les yeux en amande, la taille fine, elle avait tout pour plaire.  Ce serait elle la mère de ses enfants !

001

Il obtint du père l’autorisation de faire sa cour. Monsieur Vergé appréciait l’homme mais laissa sa fille décider.

La tâche ne fut pas facile pour le jeune notaire. La jeune demoiselle le trouvait trop âgé. Il est vrai qu’elle n’avait que dix-neuf ans !  En plus un veuf !

Voilà qui n’arrangeait pas les affaires de mon père. Il n’avait jamais rencontré autant de résistance. Les bouquets de roses envoyés quotidiennement n’émurent point la jeune Nénette. Elle les donnait aussitôt à sa mère d’un geste agacé.

Loin de se laisser décourager, mon père persévéra. Eperdument amoureux, il ne pouvait se contraindre à abandonner. Sa cour dura un peu plus que prévu et  enfin la jeune fille tomba sous le charme et accepta sa demande en mariage. Lorsque ma mère nous racontait ces anecdotes, son visage s’illuminait de malice et elle riait de bon cœur.

 Vous l’avez deviné, celle qui lui avait fait chavirer le cœur était ma mère. Une femme unique : «  belle en dehors et belle en dedans » pour citer sa petite fille Caroline. Tout comme mon père, elle était dotée d’une grande générosité et fut pour nous une mère aimante et exceptionnelle.

De cette union naquirent six enfants : quatre filles et deux garçons dont l’un mourut en bas âge.

Casé, rangé, marié, mon père ne cessa pas pour autant d’être celui qui plaisait aux femmes. Pour certaines, ce nouveau statut ajoutait encore à son charme. Il se laissa séduire, il n’était point coupable, il était la victime, disait-il avec beaucoup d’humour. Je ne trompe pas ma femme mais je me trompe de femme, ce sont des petites erreurs, se plaisait-il à répéter. On l’aurait presque cru ! C’est sûr, cela ne fit pas rire ma mère qui souffrit de ces escapades.

A côté de l’homme à femmes, mon père fut aussi un homme engagé politiquement. Il rencontra des hommes importants dans de nombreux domaines : politique, artistique et surtout humain (vous savez, ceux qui passent dans votre vie et vous apprennent la vie).

 

 

Commenter cet article

nysida 02/02/2010 19:29


Merci pour ta visite et tes précisions.
Quand je parlais de concurrent, je pensais plutôt que ces deux groupes était de même qualité et qu'ls pourraient être rivaux en beauté et authenticité.
Bien à toi.


jo 02/02/2010 14:44


petite rectification, akiyo n'est pas le concurent de voukoum puisque les 2 groupes sont en lyennaj depuis des années, et ont de très nmbreux échanges toute l'année et deuxièmement, voukoum ne
défile pas mais déboule aussi comme akiyo et tous les autres groupes a peaux